130 personnes mobilisées, la SNCF absente

07 février 2019 - 886 vues

Mercredi soir, la salle polyvalente de Pont de Beauvoisin (38) accueillait une réunion technique entre le collectif DuTrainEnAvantPays73, la Région et SNCF Mobilités pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les usagers du TER de la ligne Lyon-Chambéry depuis le mois de décembre où 75% des trains ont été supprimés.

SNCF Mobilités aux abonnés absents

La réunion prévue depuis le mois de décembre n'a pas eu la forme escomptée puisque SNCF Mobilités a fait faux bond au collectif quelques jours plus tôt, annonçant qu'aucune solution aux urgences évoquées n'avaient été trouvées. C'est donc en tête à tête avec deux techniciens de la région que le collectif a discuté pendant plus d'une heure avant d'ouvrir les portes aux 130 personnes venues au rendez-vous.

Un nouveau rendez-vous a été proposé par SNCF Mobilité le 20 février mais, si le collectif ne lâche rien, il ne semble plus trop croire à une solution : "La vraie prochaine négociation, si on peut appeler ça une négociation, c'est pour 2020. Il n'y aura pas d'autres modifications en 2019. Pour autant, nous nous battons pour en ajouter quelques-uns car on ne peut pas entendre qu'il y ait une baisse de 75% chez nous contre 30% dans le reste de la région".

La salle ne désemplit pas

Lépin-le-Lac, Domessin, Pont de Beauvoisin (73 et 38), les rassemblements fédèrent toujours habitants et usagers. La pétition en ligne a été signée 3 840 fois et le site internet du collectif s'est refait une beauté avec un outil nouveau pour que les usagers puissent signaler les incidents et les difficultés rencontrés sur la ligne.

Si depuis les premières négociations des cars ont été mis en service pour palier à certains voyages, les usagers commencent à rencontrer les premiers problèmes et le public présent dans la salle ne s'est pas fait prier pour en parler :

"On nous parle de mobilité douce et de nous responsabiliser. Le matin, je vais à Chambéry en train, mon vélo avec moi pour me déplacer en ville et aller travailler. Le soir, je n'ai plus de train, je dois prendre le car et l'autocariste refuse les vélos. Je fais quoi ?"

"Les lycéens de Vaugelas, Monge ou Louis Armand, attendent parfois une heure à quai pour avoir un transport."

"En fin de semaine, à partir de 16h15, en période de pointe, des cars ont déjà été supprimés ! La gare de Chambéry est prévenue mais rien ne se passe. Le pire est celui autour de 17h30 où parfois, 50 personnes restent à quai."

Le problème du manque de TER le week-end a aussi été rapporté à la région qui en a pris bonne note.

Tout le monde est concerné

Le collectif a salué l'implication des élus locaux qui, pour les communautés de communes concernées, sont montés au créneau auprès de la région. Pour l'ADUT (Association Dauphinoise des Usagers du Train), "les dessertes supprimées sont des victimes collatérales de la convention 2017 signée entre la région et la SNCF où cette dernière paie des pénalités en cas de retard ou de suppression de train". A l'époque, Laurent Wauquiez, président LR de la Région, avait expliqué que ce système de malus devait être renforcé sur les lignes qui relient Lyon à Saint-Étienne, Grenoble et Chambéry, où les difficultés sont les plus fréquentes. Depuis, nombreux trains ont purement et simplement disparu. 

Un cheminot présent dans la salle lance que "les cheminots savent tout faire, il faut juste leur donner les moyens" et est rejoint par une membre du collectif qui annonce que les travaux invoqués à la gare Part-Dieu pour expliquer les 75% de TER en moins ne sont pas le problème, mais que les vrais soucis viennent du matériel roulant vétuste et d'un manque de place pour le stationnement. "Nous leur avons parlé d'un terminus à Jean Macé, mais d'après la SNCF, ce n'est pas possible". Un représentant de l'ADUT ajoute qu'il faut rester vigilant car "on est en train de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Nous avons récupérer le train de 21h08, mais Annecy ne l'a plus, alors que les annéciens en ont aussi besoin".

Pour l'heure, le collectif reste ferme : "ça n'a jamais été autant catastrophique, nous l'avons exprimé fermement" et mobilisé, en témoigne un nouveau rassemblement dans quelques jours, plus festif celui-ci, dont la date sera annoncée sur son site internet.

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