Assignations à résidence : Une histoire locale méconnue dévoilée devant 200 personnes


08 août 2019 - 457 vues

Mardi 6 juillet, à Nances, la Maison du Lac accueillait une conférence intitulée "Mémoire Août 1942". L'association du même nom créée sous l'impulsion de Frédéric Pélisson, s'est donnée pour mission de participer à un travail de mémoire méconnu : celui de retracer l'histoire de juifs et de résistants assignés à résidence sur le bassin d'Aiguebelette durant la seconde guerre mondiale.

Si le festival Les Nuits d'été avait ouvert un créneau à l'association dans la programmation du festival, lesIMG_5063.JPG (921 KB) organisateurs ne s'attendaient pas à voir 200 personnes franchir les portes et se serrer dans le bâtiment pour écouter tour à tour poésie, témoignages, conférence, puis assister à la projection du documentaire Simha de Jérôme Blumberg en présence du réalisateur et du protagoniste principal Simha Arom, Ethnomusicologue de renommée internationale.

Assignés à Aiguebelette puis déportés à Auschwitz
Voilà un événement peu évoqué de l'Histoire locale et Frédéric Pélisson a ouvert la conférence en racontant sa propre surprise : "Il y a 10 ans, j'ai entendu parler d'une histoire étonnante dont j'ignorais tout. En recoupant les informations, j'ai découvert une liste de personnes juives assignées ici, à Saint-Alban, Lépin ou Aiguebelette-le-lac en 1942. Ces personnes ont ensuite été raflées et emmenées à Vénissieux, puis Drancy et enfin, Auschwitz. J'ai retracé le parcours de 16 personnes et j'aimerais retracer celui des 20 de la liste pour transmettre leurs histoires à nos enfants et participer à en faire des citoyens éclairés".
Egalement présent, Albert Fachler, président du Centre Communautaire Juif de Chambéry et de Savoie, a salué le travail de restauration du "souvenir de ceux qui se sont cachés et de ceux qui les ont sauvés" mais aussi celui du Quatuor Bela qui, le soir même, allait donner le concert Trois frères de l'orage dans l'église des Carmes de Pont de Beauvoisin, ressuscitant ainsi les œuvres de Schulhoff, Haas, et Krasa, musiciens Tchèques morts dans les camps nazis.

Descendants de déportés ou de maquisards ont pu prendre le temps de raconter l'histoire de leurs aïeux face à une assemblée interloquée qui n'a pas perdu une miette de cette tranche d'Histoire locale désormais entre ses mains, prête à être transmise.

Photo couverture : Jean-Pierre Dupraz

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