Les ressources en eau s'amoindrissent

04 novembre 2018 - 699 vues

Mercredi 31 octobre, le préfet de Savoie a pris un arrêté portant limitation des usages de l'eau sur certains secteurs du département dans le cadre des mesures de gestion et de préservation de la ressource en eau en période d'étiage pour les cours d'eau et les nappes souterraines.

L'Avant Pays Savoyard est placé en situation de crise malgré les précipitations de ces derniers jours qui n'ont pas suffit à rendre leur débit aux différents cours d'eau concernés, menaçant encore l'ensemble de la vie biologique aquatique.

Si les baisses de niveau des lacs de Paladru, du Bourget et d'Annecy ont mis en lumière médiatiquement le manque de ressources en eau sur ces secteurs, le lac d'Aiguebelette n'a quant à lui, que très peu baissé avec un niveau de 7 cm seulement en dessous de la cote saisonnière, dérisoire comparés au 30 cm manquant en 2003, année de sécheresse. Le secteur n'en reste pas moins très touché et du côté du Guiers, les dégâts sont très visibles.

Quelles sont les conséquences de cette sécheresse ?

David Maillard, président de l'AAPPMA Guiers-Tiers, est omniprésent sur les berges des cours d'eau qui l'ont vu grandir et regarde le Guiers avec nostalgie car il l'a connu plus haut et plus propre. Il revient sur l'absence de pluies significatives entre la mi-juillet et la fin octobre et s'inquiète du devenir de la vie dans les eaux. "Lors de ces sécheresses, soit le poisson meurt à cause des infranchissables, soit il parvient à rejoindre d'autres cours ou fosses mais, inévitablement, il y a conflit entre les individus. Dans tous les cas, il y a des disparitions. Ajoutez à cela les prédateurs et les pollutions récurrentes, et le risque de mortalité est maximum."

Si David Maillard est inquiet, il salue l'arrêt des activités sportives et de baignades décidé cet été et la compréhension des usagers et des professionnels. "Les activités brassent les pollutions, réchauffent l'eau et par conséquence, amoidrissent l'oxygène."

Sécheresse, unique problème ?

Si les sécheresse sont incontournables dans l'équation, David Maillard soulève le problème de l'équation elle-même qui calcule les masses de ressources en eau avec des débits relevés il y a 25 ans, parfois deux fois supérieurs aux débits actuels.

Aujourd'hui la fédération des AAPPMA souhaite faire recalculer ces ressources nécessaires avec des débits actualisés et sensibiliser la population autour des thématiques de gestion des ressources mais aussi de la gestion des rejets, responsables de certaines pollutions.

Photo : David Maillard, nostalgique au-dessus du Guiers, à Pont de Beauvoisin