Pillage du lac d'Aiguebelette, 3 000 objets archéologiques saisis par les gendarmes


11 février 2020 - 2891 vues

Lundi 10 février, un homme et son fils suspectés d'avoir pillé des ressources archéologiques du lac d'Aiguebelette ont été interpellés sur le territoire par la brigade de gendarmerie de Pont-de-Beauvoisin des suites d'une enquête ouverte après un signalement des gardes du lac en 2019 qui avaient repéré le manège de deux hommes équipés de détecteurs de métaux aux abords des deux îles et au bord du lac.

Après investigations, ce sont 3 000 pièces archéologiques issues du fond du lac qui ont étéccccccccccccccc.jpg (30 KB) découvertes chez les intéressés par les enquêteurs. En plongés ou à pied, les deux chasseurs de trésors ont passé des années à sortir des objets du lac datant pour certains du néolithique. Ils ont vu en ce début de semaine l'ensemble de leur matériel saisi pour expertises par les gendarmes ainsi que leur butin dont certaines pièces sont déjà évaluées à plusieurs milliers d'euros.

Désormais, le résultat des analyses de cette saisie est attendu pour déterminer les poursuites par le Parquet de Chambéry qui, à ce stade, a retenu plusieurs charges dont "la destruction ou la modification sans autorisation d'un territoire classé, la dégradation d'un patrimoine archéologique et le vol d'objets classés ainsi que l'utilisation sans autorisation et à des fins archéologiques d'un détecteur de métaux".

Pourquoi ne peut-on pas "se servir" au fond du lac (ou ailleurs) ?

L’article L-542-1 du code du Patrimoine indique qu’en cas de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, l’utilisation d’un détecteur de métaux est soumise à autorisation préfectorale. Cela dit, en dehors de ces endroits, les recherches à visée archéologique, faites dans le but de trouver des objets ayant une valeur historique, archéologique ou artistique, sont également proscrites.

Classé et reconnu pour son environnement préservé exceptionnel, le lac d'Aiguebelette est aussi fort d'un patrimoine palafittique qui, régulièrement, fait l'objet de fouilles archéologiques par la Direction des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM). Au-delà de l'aspect matériel, si des fouilles illégales peuvent détruire des objets archéologiques et empêcher un patrimoine d'être porté à la connaissance de tous, c'est aussi tout un pan d'Histoire que ces pillages détruisent à chaque fois que les sédiments du lac sont remués, rendant les sols illisibles lors d'études archéologiques et réduisant ainsi des millénaires d'Histoire inscrits dans le patrimoine subaquatique à néant.

Photos Gendarmerie

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