[TELETRAVAIL#9] Télétravail, écoute des salariés et envie de campagne... découvrez l'interview de Anne-Cécile.


11 juillet 2021 - 292 vues

Bonjour Anne Cécile, vous nous avez confié que cette période de COVID vécue en avant pays savoyard, avec ses périodes de confinement /déconfinement a changé votre mode de management et vous a même fait entrevoir une autre façon de vivre…

Oui, en effet, je suis directrice de communication dans une grande entreprise de fabrication d’engins à Lyon et le premier confinement a bouleversé notre façon de travailler avec l’introduction du télétravail à 100% pour une partie du personnel tertiaire, les autres étant en chômage partiel et les usines ayant été mises à l’arrêt.

Avant le covid, nous travaillions dans un open space afin de faciliter les échanges, la collaboration et la circulation de l'information et pour permettre aux équipe projet de se rapprocher. Néanmoins cela entraînait des discussions et des difficultés de concentration car il n'y avait pas assez d'espace pour se mettre au calme comme des petites salles de réunion silencieuses. Le télétravail n'était possible qu'en cas de force majeure, neige, pic de pollution, météo hostile. Il s’inscrivait dans le scope de la RH de manière assez restrictive. Nous pouvions demander à télétravailler une journée par semaine, mais il fallait une raison valable pour utiliser cette journée comme par exemple des travaux à la maison où la nécessité d'avoir à se concentrer avec un motif déclaré pour éviter les abus. Le management était réticent, l'approche managériale était traditionnelle, il y avait une demande discrète de pouvoir télétravailler, perceptible mais pas au centre des négociations syndicales avec en toile de fond, hormis les raisons matérielles citées ci-dessus, un désir latent de ralentir le rythme et de pouvoir travailler autrement.

Lac d'Aiguebelette — Wikipédia photo wikipedia

Comment vous êtes-vous organisée pour télétravailler avec votre équipe ?

J’ai quitté Lyon et je me suis installée dans un chalet sur les hauteurs du lac d’Aiguebelette, près de la résidence de mes parents pour avoir plus d’espace que dans mon petit appartement en ville. Mon choix a été conditionné par l'accès au wifi et par l'autonomie du logement afin de ne pas déranger, de ne pas faire de bruit. La box ADSL a fourni assez de wifi pour nous, mes 2 enfants qui sont également revenus quelques jours télétravailler avec moi dans le gîte. Je me suis installée un bureau dans une pièce dédiée organisée comme un espace de travail.

Mode d'emploi pour réussir votre visioconférence - Effi'connect photo Effi'Connect

L’entreprise a réagi très vite et nous a mis à disposition une bande passante de bonne capacité et nous a permis d'emmener nos écrans pour une meilleure ergonomie et éviter la crispation due au travail sur ordinateur : la santé et la sécurité des salariés est au cœur de ce qui était déjà une la politique RH. Mon service a diminué son activité pour se concentrer sur les priorités et seules 5 sur les 35 personnes le composant a continué à travailler sur la communication, principalement les communiqués de presse et les actions liées au COVID faites par l’entreprise. Néanmoins je suis restée en contact avec toute mon équipe pendant l’activité partielle.

Depuis, l’activité a repris et je me suis aperçue que les membres de mon équipe sont souvent connectés en dehors des heures de bureau et répondent tard le soir. Avec le télétravail il n'y a plus vraiment de limites. Certaines personnes vont bien au-delà de leurs horaires. Lorsque nous étions au bureau, je me rendais compte lorsque des membres de mon équipe étaient débordés et j’actionnais la sous-traitance, aujourd’hui je le vois plus difficilement ; c'est la responsabilité du manager de se préoccuper du bien-être des salariés qu’il encadre. Lors des points de rencontre individuels en Visio dont j’ai augmenté la fréquence, je suis très attentive aux détails qui pourraient trahir un malaise, un changement dans la motivation, le moral qui baisse. Les réunions d’équipe pendant le confinement nous ont tous rapproché : elles étaient hebdomadaires, sans ordre du jour, chacun s’exprimait, à la fois sur des aspects professionnels et sociaux. Ces rencontres virtuelles ont contribué à renforcer la proximité entre les membres de l’équipe. La qualité d'écoute en visio est meilleure, j’ai appris à « entendre » les changements. Nous avons aussi créé un groupe WhatsApp du service où nous échangeons des informations à la fois professionnelles et personnelles.

Que va-t-il rester de cette période maintenant que le retour au bureau est possible ?

J’ai profité de la campagne, du bonheur de la promenade, le premier mois c'était l'euphorie. Aujourd'hui je souhaiterais idéalement 2 jours par semaine de télétravail et 3 jours au bureau.  2 jours de télétravail que l'on poserait au choix, ce serait vraiment pour moi une solution idéale sans contrôle d'horaire, reposant sur la confiance. Pour l’instant, nous ne sommes pas obligés de retourner au bureau, et le réaménagement des espaces de travail n’est pas encore achevé. Les réticences de la direction se sont aplanies mais n’ont pas complètement disparues.  L’officialisation d’un système de déclaration de télétravail a fini de calmer leurs dernières réticences, même si ces déclarations sont symboliques. Le télétravail à 100% a permis de se rendre compte que la productivité n’avait pas diminuée et les managers connaissent leur équipe.  

Et pour vous qu’est-ce que cette période a changé ?

Je viens de trouver un appartement avec un petit jardin à Lyon car j'accueille souvent mes enfants et leurs copains mais je reste en alerte sur l’avant pays savoyard où je n'exclus pas de venir m’installer. Mon Président m'a d’ailleurs demandé pourquoi je ne m’installerai pas en Savoie. Dans l’entreprise, beaucoup de cadres ont un appartement en montagne néanmoins ils gardent tous un pied-à-terre à Lyon. Ici, pendant les confinements, j'ai créé des liens sociaux avec des personnes d'horizons très divers. Il y a beaucoup d'étrangers en avant pays savoyard, le mode de vie est différent. J’ai aimé ce style de vie et il a ravivé en moi une idée :  celle de me reconvertir pourquoi pas dans la boulangerie.  Je l'ai déjà testée, j'ai accompagné un boulanger de la Croix-Rousse pendant quelques semaines dans son développement. C’est une activité artisanale qui me permettrait de vivre autrement, en dehors d’une grande ville.

LYON 4 – Restaurant avec gaine d'extraction et licence IV | Emplacia photo : visiterlyon.com

Merci Anne Cécile pour ce partage d’expérience. Info PLA vous souhaite le meilleur pour la suite.

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