"Vivre et télétravailler … pas convaincue !" - Portrait d'une télétravailleuse


21 avril 2021 - 263 vues

SUITE DE NOTRE RUBRIQUE « VIVRE ET TELETRAVAILLER EN AVANT PAYS SAVOYARD »

Dans cette rubrique lancée en février dernier, nous avons plutôt rencontré des télétravailleurs qui ont choisi l’Avant Pays Savoyard pour vivre et qui apprécient de pouvoir y télétravailler. Nous avons successivement interrogé

Aujourd’hui, nous partageons le témoignage de Véronique qui habite une commune proche de Pont de Beauvoisin et qui nous a confié qu’elle n’apprécie pas vraiment ce mode travail que la situation de la pandémie l’oblige à subir. Elle nous livre un point de vue très intéressant.

Si vous aussi vous souhaitez partager vos impressions de télétravail en avant pays savoyard contactez-nous contact.infopla@gmail.com. Dès que nous aurons une vingtaine de témoignages, nous en ferons une synthèse en reprenant les attentes des télétravailleurs vis-à-vis du territoire et irons la présenter à des décideurs locaux. Alors n’hésitez pas à nous solliciter, nous prendrons contact avec vous.

Bonjour Véronique, vous habitez près de Pont de Beauvoisin et vous travaillez sur Chambéry. Qu’est-ce que le COVID a changé dans votre vie professionnelle.

Je suis arrivée dans l’avant pays savoyard il y a trois ans, en suivant le projet professionnel de mon mari. Auparavant, nous habitions à Chambéry. J’étais plutôt citadine, j’avais vécu précédemment à Annemasse et j’apprécie beaucoup à plus de 50 ans d’avoir quitté la ville pour la campagne. Je me suis organisée en prenant le train le matin à Pont de Beauvoisin ou à Lépin le Lac pour aller au bureau à Chambéry où Je travaille dans une grande entreprise.  Lors du premier confinement, le télétravail m’est littéralement tombé dessus, je ne m’y attendais pas du tout. Je me suis retrouvée à temps complet à la maison, alors que j’avais choisi de travailler à temps partiel vivant ainsi  un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle, avec ce que cela suppose d’adaptation quand on n’est pas tous les jours en entreprise.

Le télétravail était complètement exclu pour moi en temps normal, j’ai besoin de voir mes collègues, de partager, d’échanger. J’apprécie le cadre et le contenu de mon travail rythmé par les horaires qui m’empêchent de trop déborder.

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Comment avez-vous vécu ce télétravail subi ?

Pendant les deux mois et demi de confinement j'ai ressenti un mal-être, je me suis laissée aller à la maison en jogging pas maquillée malgré de bonnes conditions de travail dans une pièce dédiée avec la vue sur la campagne. J'avais pris mes écrans, mon portable, mon casque et ma souris ainsi que tous mes dossiers. Seule mon assise était moins ergonomique qu’à mon bureau à Chambéry.  J'avais de bons outils de travail avec un assez bon réseau mais ma commune n’étant pas équipée en fibre numérique, la connexion n’est pas toujours très bonne et cela a contribué à mon sentiment d’isolement.

Pourtant, je ne travaille pas seule, nous sommes tous sur le réseau de l’entreprise, connectés en permanence et nous partageons nos documents administratifs. C’est vraiment le manque d’interactions sociales et de relations informelles avec mes collègues qui m’ont provoqué ce mal-être.

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Etes-vous retournée à votre bureau ?

Oui, j’ai demandé à revenir sur site, il fallait absolument que je revienne lors du deuxième confinement. Mon employeur m’a laissée revenir deux jours par semaine, le troisième se passant à mon domicile, je le vis beaucoup mieux, c’est un bon compromis. Seulement cinq de mes collègues sont revenus. La très grande majorité soit plus de vingt personnes a souhaité rester en télétravail, principalement en raison de l’éloignement géographique.

Je n'ai pas vu certains collègues depuis un an, les relations se sont distendues par la force des choses. Le collectif travail n'est plus là. Le COVID a accentué la digitalisation de l’entreprise et donc l'éloignement.  Il est aujourd’hui question pour ceux qui le veulent de télétravailler jusqu'à 3 jours par semaine. En ce qui me concerne, je repasserai à 100 % de mon temps partiel sur place dès que ce sera possible.

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Quelle est votre analyse des conséquences de cette crise sur vos conditions de travail en entreprise ?

Une autre façon de travailler qui ne correspond pas, bien j'aime mon travail, et que j’ai déjà connu au cours des quinze dernières années. Ce n'est pas le contenu de mon job qui m’a mise dans cet état, qui m’a moi-même surprise. Heureusement, notre direction locale est à notre écoute et essaie de gérer au mieux les contraintes. Elle souhaite vraiment recréer le collectif qui a été cassé par la brutalité de l’obligation du recours au télétravail massif.

Que pensez-vous des espaces de coworking qui permettent à des télétravailleurs de ne pas rester à leur domicile mais de se rendre dans un tiers lieu pour travailler tout en n’étant pas seuls ?

Je n’y ai jamais pensé pour moi. Je trouve le coworking impersonnel : pas de place attribuée, le premier arrivé prend la place disponible, peu de contacts et de relations, rien. Le coworking, c’est l’absence de collectif, car les personnes travaillent pour des employeurs différents, avec des horaires et des jours de travail qui leur sont propre.

Alors vivre en avant pays savoyard et travailler sur Chambéry c’est votre solution ?

Il y a trois ans, nous avons choisi de vivre en avant pays savoyard pour sortir du centre-ville et pour la mobilité. Par le train car je suis à quinze minutes de Chambéry, mais depuis deux ans, tout se dégrade. 70% des TER ont été supprimés, rendant vraiment difficile la vie des résidents de l’avant pays. En car je mets 35 minutes au lieu de quinze en train. Parfois, je m'organise en covoiturage mais le COVID a diminué les opportunités de covoiturer et les personnes ne vont pas forcément jusqu’à ma destination. Certains matins, je ressens de la colère, de la déception de ne plus bénéficier des conditions pour lesquelles je me suis installée dans ce beau territoire.

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